Gabriel Attal nommé Premier ministre en France, « un Macron bis » à Matignon

Emmanuel Macron et Gabriel Attal

Avec une ascension fulgurante aux hautes fonctions politiques en France depuis 2018, successivement secrétaire d’Etat à l’Éducation nationale, porte-parole du gouvernement, ministre délégué chargé des Comptes publics et enfin ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal est nommé Premier ministre à seulement 34 ans, devenant ainsi le plus jeune à ce poste de toute l’histoire de la Ve République française.

Le président Emmanuel Macron, a désigné, aujourd’hui 9 janvier, son nouveau Premier ministre en la personne de Gabriel Attal, l’un de ses protégés et le plus populaires des membres de son gouvernement, désormais ex-ministre de l’Éducation nationale. « Cher Gabriel Attal, je sais pouvoir compter sur votre énergie et votre engagement pour mettre en œuvre le projet de réarmement et de régénération que j’ai annoncé. », a déclaré le chef de l’Etat français, sur X, en commentant l’annonce officielle de ladite nomination.

Celle-ci intervient, 24 heures à peine après la démission de l’ancienne locataire de Matignon, Elisabeth Borne, « fâchée » avec le patron de l’Élysée depuis plusieurs mois et en désaccords avec certains de ses propres ministres. Cette situation conflictuelle, exacerbée par les conditions dans lesquelles a été votée la nouvelle « loi immigration », a scellé le sort de Borne en réalité depuis quelques semaines déjà. Après près de 8 mois à la tête du gouvernement, elle récupère son siège de députée du Calvados (Normandie). Le retour à l’Assemblée nationale en tant qu’élue, avec des oppositions crispées qui l’ont souvent critiquée voire chahutée, risque de ne pas passer inaperçu pour celle qui a dégainé 23 fois l’article 49.3, y compris pour la très sensible réforme des retraites.

Passation de pouvoir sobre entre Attal et Borne

Aussitôt confirmé officiellement dans son poste et chargé de former un nouveau gouvernement, le Premier ministre désigné, Gabriel Attal, s’est dirigé vers l’Hôtel de Matignon où a lieu, début de cet après-midi, la passation de pouvoir avec la Première ministre sortante, Elisabeth Borne. Celle-ci a déclaré, malgré une cérémonie de passation plutôt sobre limite froide tant que l’ancienne cheffe des lieux en veut au président Macron pour son limogeage qu’elle jugerait injuste et injustifié, qu’elle était « fière d’avoir été aux côtés du président Macron pendant près de 7 ans pour servir notre pays et nos concitoyens en tant que ministre et Premier ministre ». L’ancienne ministre du Travail a martelé qu’elle n’a « jamais reculé devant aucun obstacle, aucune réforme ».

Elle a ensuite, sous les applaudissement des personnels de Matignon, cédé la parole à son successeur, non sans l’avoir félicité et lui présenté ses vœux de succès, se disant « confiante » qu’il a « la détermination et l’énergie pour mener une équipe et porter les projets nécessaires pour notre pays ». Ce à quoi Gabriel Attal a rétorqué : « Pendant 20 mois, c’est la France de demain que tu as contribué à bâtir… Tu as été une Première ministre d’action et de courage. Ton histoire personnelle et ton éthique politique ont fait de toi un exemple ».

Macron a-t-il choisi son successeur pour l’Élysée ?

Le nouveau chef du gouvernement français – en déplacement de travail, dès ce soir, au Nord-Pas-de-Calais pour prendre en charge « personnellement » les doléances des sinistrés des inondations qui ont touché cette région – a promis, lors de sa prise de fonctions à la cour de Matignon, qu’il continuera de défendre « la cause de l’école », dossier qui a fait son succès et exploser sa popularité durant les quelques 6 mois passés à la tête du ministère de l’Éducation. Il faut dire qu’en plus de son âge, qui parle aux jeunes, il est particulièrement apprécié à la fois dans les milieux conservateurs de tous bords et chez les « laïcistes », surtout après l’interdiction de l’abaya à l’école et sa volonté d’y « remettre de la discipline ». Tout en exprimant sa « gratitude » et « fidélité » envers le président Macron, dont le choix a été qualifié d’« audacieux », Attal s’est fixé l’objectif d’agir prioritairement sur trois axes : le travail, l’économie et la jeunesse.

Alors que la ressemblance frappante de styles de communication et de parcours politiques entre Macron et Attal a été relevée, ces quelques derniers mois par de nombreux observateurs quand il s’agit d’évoquer 2027, cette nomination semble confirmer que le locataire de l’Élysée a bel et bien trouvé un « digne » successeur. Attal peut, en effet, être son héritier sur le fond et sur la forme, ni clairement de gauche, ni tout à fait de droite, bref un « Macron bis ». La prochaine composition du Gouvernement Attal, dans les quelques jours à venir, donnerait peut-être d’autres indices sur la stratégie électorale de la macronie pour conserver le pouvoir lors de la prochaine Présidentielle, et surtout pour ne pas faire de Macron le président qui transmet les clefs du palais à Marine Le Pen.

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