TotalEnergies consolide son partenariat avec Sonatrach en Algérie

Total Sonatrach
Les tensions politiques existantes entre l’Algérie et la France, qui se manifestent cycliquement, ne semblent pas affecter le secteur des hydrocarbures où le partenariat entre la compagnie pétrolière algérienne Sonatrach et le groupe français TotalEnergies se porte très bien.

Sonatrach et TotalEnergies ont annoncé, mardi dernier, que le Groupement TFT (Tin Fouyé Tabankort) de production gazière, constitué par Sonatrach (51%) et TotalEnergies (49%), a attribué un contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction à l’Entreprise nationale des grands travaux pétroliers (ENGTP), une filiale de Sonatrach, pour le champ gazier de TFTII qui est situé dans le bassin d’Illizi, à environ 400 km au sud-est de Hassi Messaoud.

D’un montant de 8 milliards de dinars (environ 55 millions d’euros), ce contrat, relatif à un projet qui devrait être réalisé au bout de deux années, concerne le raccordement et la mise en production de 11 nouveaux puits vers le centre de traitement existant au niveau du champ gazier de TFT, comme indiqué par la compagnie Sonatrach. Il devra, en outre, permettre à TFT d’atteindre une production de gaz de l’ordre de 9 millions m3 par jour.

« La signature de ce contrat constitue une étape importante pour le développement du champ gazier de Tin Fouyé Tabankort. Il s’inscrit pleinement dans notre politique de soutien et de promotion des entreprises algériennes dont l’expertise technologique et le savoir-faire sont reconnus », a déclaré Moufdi Chikh, Directeur général de TotalEnergies EP Algérie, dans un communiqué de TotalEnergies.

Quatre contrats entre Sonatrach et Total en trois mois

Il faut rappeler, à cet effet, que le 9 juillet 2023, le Président-directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, et le Président-directeur général de Sonatrach, Toufik Hakkar, ont paraphé, à Alger, plusieurs accords pour renforcer la coopération entre les deux entreprises dans la production de gaz naturel en Algérie, dans la livraison de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’Europe, ainsi que dans le développement en Algérie des énergies renouvelables.

Le premier accord concernait l’augmentation de la production des champs de TFT en gaz naturel. Sonatrach et TotalEnergies avaient décidé de convertir les contrats de production des champs gaziers de TFTII et de TFT Sud dans le cadre de la nouvelle loi pétrolière algérienne, promulguée le 11 décembre 2019. Il est prévu que la production combinée des deux champs dépasse 100 000 barils équivalent pétrole par jour d’ici 2026 (contre environ 60 000 en 2022), participant ainsi à l’accroissement du potentiel d’exportation de gaz algérien à destination du marché européen.

Dans le deuxième accord, Sonatrach et TotalEnergies ont prolongé pour l’année 2024 les livraisons par Sonatrach de 2 millions de tonnes par an de GNL à TotalEnergies au port de Fos-Cavaou près de Marseille. Ces livraisons de GNL participent directement à la sécurité d’approvisionnement énergétique de la France et du continent européen.

Pour finir, grâce au troisième accord, les deux compagnies coopèrent pour développer des projets de production d’énergie renouvelable en Algérie. Il s’agit notamment de projets pour « solariser des sites d’exploration et production d’hydrocarbures », étudier « le potentiel d’hydrogène renouvelable et bas carbone à destination du marché de l’exportation » et mener « un programme de recherche et développement dans les énergies bas carbone et la transition énergétique ».

La coopération Total-Sonatrach plus forte que les différends politiques

Tous ceci pour dire que la coopération entre les deux sociétés, algérienne et française, semble se développer davantage incluant même les énergies renouvelables et la transition énergétique. Cela, même si, de temps à autre, certains « marchés » connaissant des « couacs » comme c’était le cas en mai 2023. À cette date, a été annoncé le retrait de TotalEnergies du projet du nouveau complexe pétrochimique à Arzew (Oran), société appelée STEP Polymers Spa, destinée à la production de polypropylène. En fait, TotalEnergies a cédé ses parts, qui étaient de 49%, à la Sonatrach.

Si au moment de l’annonce du retrait de la compagnie française, certains médias avaient spéculé sur les raisons, les liants aux tensions politiques existantes entre les deux pays, TotalEnergies a expliqué que cela est arrivé à la suite de « l’augmentation des coûts du projet ». La signature, au mois de juillet 2023, c’est-à-dire près de deux mois après ledit retrait, des trois accords mentionnés plus haut a mis fin aux spéculations.

Il y a lieu de rappeler également le contrat signé par Sonatrach avec l’américain Occidental Petroleum, l’italien Eni et TotalEnergies, en juillet 2022, d’un montant de 4 milliards de dollars, qui porte sur le développement du périmètre de Berkine (Ouargla).

Dans tous les cas de figure, il est clair que la coopération entre Sonatrach et TotalEnergies, et malgré tous les soubresauts que peuvent connaître les relations politiques entre les deux pays, se porte plutôt bien. Il faut dire aussi que, d’une manière générale, les autorités algériennes, ont, de tous temps, veillé à éloigner la coopération énergétique des différends politiques. C’est le cas actuellement par exemple avec l’Espagne. Malgré la suspension, depuis 2022, du traité d’amitié de bon voisinage et de coopération algéro-espagnol, l’Algérie a maintenu ses livraisons de gaz envers ce pays. La coopération de Sonatrach avec TotalEnergies est encore plus importante et plus ancienne.

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