Le prix du meilleur roman français pour l’écrivaine algérienne Amina Damerdji

Amina Damerdji, prix Transfuge du meilleur roman français 2024.

L’écrivaine, poétesse et chercheuse algérienne Amina Damerdji vient d’être mise à l’honneur par la revue Transfuge pour son deuxième livre Bientôt les vivants (Gallimard, 2024), désigné meilleur roman français.

Les éditions Gallimard ont annoncé, ce mercredi 17 janvier, que Bientôt les vivants d’Amina Damerdji, paru le 4 janvier dernier, est sacré prix Transfuge du meilleur roman français 2024, décerné par la revue trimestrielle de littérature qui paraît à Paris depuis 2004. Le roman, dont l’histoire se déroule en Algérie entre le soulèvement d’octobre 1988 et la Décennie noire qui s’en est suivie dans les années 1990, figure aussi dans la première sélection du 25e prix des Romancières qui sera décerné dans les jours qui viennent.

L’auteure a publié son premier roman Laissez-moi vous rejoindre en 2021, toujours chez Gallimard. Un livre dont l’intrigue se situe à Cuba, en 1980. Dans ce récit romancé, Haydée Santamaría, grande figure de la révolution cubaine et proche de Fidel Castro, plonge dans ses souvenirs par le biais de la romancière. À quelques heures de son suicide, elle raconte notamment sa jeunesse des années 1950, du temps de la révolution, et elle fait les comptes !

Une vision « autobiographique » de la Décennie noire

La romancière algérienne, née en Californie (États-Unis) et grandie à Alger, écrit sur sa page Facebook, le jour-même de la publication de Bientôt les vivants : « Il y a trente ans, ma famille et moi quittions l’Algérie déchirée par une guerre opposant islamistes et pouvoir. Dans cet arrachement-là, en Bourgogne d’abord, dans le village natal de ma grand-mère, puis à Paris, la lecture, et rapidement l’écriture sont devenues essentielles. Trente ans plus tard, cette Algérie-là, violente mais aussi source d’inoubliables bonheurs, est l’univers de mon deuxième roman. Il raconte l’histoire d’une famille, les Bensaïd, et plus particulièrement de la toute jeune fille de cette famille, Selma, qui traverse la décennie noire ».

Dans la présentation du roman faite par son éditeur, on lit : « Après les premières émeutes sauvagement réprimées, le mouvement islamiste montre sa puissance grandissante. La jeune Selma vit dans la proche banlieue d’Alger. Elle n’a qu’une passion, l’équitation, qu’elle pratique dans un centre non loin du village de Sidi Youcef, où se déroulera en 1997 l’un des épisodes les plus atroces de la guerre civile. Elle consacre tout son temps libre au dressage d’un cheval que tout le monde craint, tandis que les déchirements de l’histoire traversent sa famille comme toute la société algérienne : certains sont farouchement opposés aux islamistes, d’autres penchent pour le FIS, d’autres encore profitent du chaos pour s’enrichir… ». Et d’autres s’exilent comme la famille de l’auteure. « On ne peut que trembler en traversant les chapitres du livre incarné et lancinant d’Amina Damerdji. », explique Transfuge.

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