L’essayiste franco-algérienne Lydia Guirous nommée préfète déléguée

Lydia Guirous
Lydia Guirous, née en Algérie de parents installés en France durant les années 1990, a été nommée préfète déléguée à l’égalité des chances en Gironde (sud-ouest), sur proposition du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Femme politique de droite, militante associative et polémiste sur les plateaux télé, elle est également l’autrice de plusieurs livres, dont celui qui lui a permis de se faire connaître : Allah est grand la République aussi (2015). Cet ouvrage, où elle critique l’islam politique et le communautarisme, lui a valu une couverture médiatique importante et boosté sa carrière politique.

D’abord, elle était membre du Parti radical valoisien et de l’UDI (Union des démocrates et indépendants), étiquette sous laquelle elle était candidate aux élections législatives de 2012. Ensuite, en 2015, elle a rejoint l’UMP (Union pour un mouvement populaire), parti dominé alors par la stature de Nicolas Sarkozy. Celui-ci la nomme « secrétaire nationale chargée des valeurs de la République et de la laïcité ». Enfin, en juin de la même année, elle est désignée au poste de co-porte-parole du mouvement remplaçant l’UMP, Les Républicain, fondé par l’ancien Président. Elle occupera ce poste jusqu’à 2020, avec quelques périodes d’interruption au gré des changements dans l’organigramme de sa formation politique, où elle était identifiée comme faisant partie de la « droite dure ».

Durant ces quelques dernières années, elle est très présente sur de nombreux plateaux de télévision, notamment sur la controversée chaîne en continu proche de l’extrême-droite CNews, qu’elle rejoint comme éditorialiste en 2021. Elle y vilipende le communautarisme et défend les « valeurs de la République », regrettant une France « où l’on vit de moins en moins les uns avec les autres, mais les uns aux côtés des autres, voire les uns contre les autres ».

Apôtre de l’assimilation des immigrés et de leurs enfants !

Les sujets de prédilection de Guirous sont l’assimilation, le communautarisme dans les quartiers populaires, l’islamisme, etc. Elle intervient souvent sur la question de l’interdiction du port du foulard islamique qu’elle souhaite généraliser à d’autres secteurs en dehors de l’école. Elle est aussi connue pour son obstination contre les repas de substitution aux aliments non halal pour les enfants musulmans. Née elle-même à l’étranger, en 1984, elle prône non pas l’intégration républicaine pour les immigrés et leurs enfants, concept pourtant cher à la droite, mais plutôt l’assimilation. Elle développe cette position dans le livre : Assimilation : en finir avec ce tabou français (2021).

Se disant lointaine nièce de l’écrivain algérien Jean Amrouche, la native de Tizi Hibel, village de la haute Kabylie qui a vu la naissance d’un autre brillant écrivain algérien, Mouloud Feraoun, assassiné par l’OAS, est présentée en sa qualité d’« essayiste » par le ministère de l’Intérieur lors de sa nomination à son nouveau poste préfectoral. C’est, entre autres, pourquoi le quotidien Libération considère que ce sont ses écrits et positions médiatiques durs sur la laïcité qui l’ont propulsée à ce poste. « [Elle en] a fait son fonds de commerce. Contre le port du voile à l’université ou pour les assesseurs dans les bureaux de vote, contre les repas de substitution dans les cantines… autant de coups d’éclat qui font bicher les tauliers de CNews ou Sud Radio, où elle gagne vite son rond de serviette », écrit le journal de gauche. La polémique la plus récente où elle s’est illustrée remonte à mars dernier, autour de la position de la Ligue des droits de l’Homme contre les violences policières. « L’enjeu de l’association n’est pas l’objectivité mais de montrer du doigt, d’accuser les forces de l’ordre, ce rempart de notre démocratie », a-t-elle jugé à l’époque. « La LDH s’est perdue dans le militantisme gauchiste, wokiste, parfois pro-islamiste », a-t-elle renchéri, la semaine dernière sur Sud Radio. Pour ces raisons, le site Mediapart voit dans la nomination de la nouvelle préfète déléguée « une promotion de la droite dure » par le président Emmanuel Macron.

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