Cinéma algérien : « Le grand défi », des jeunes pêcheurs défient le colonialisme  

Le grand défi Algérie Affiche
« Le grand défi », le film court métrage de Walid Bouchebah, est actuellement projeté au niveau des réseaux des cinémathèques algériennes.

Le film de 33 minutes, dont l’avant-première a eu lieu le week-end dernier, à la Cinémathèque d’Alger centre, traite de la période de la colonisation française en Algérie.

L’œuvre adopte « une autre approche » en matière d’écriture sur ce sujet, comme l’a signalé son réalisateur Walid Bouchebah. Elle n’évoque pas directement la Guerre d’Algérie, comme c’est le cas souvent dans le cinéma algérien ayant trait à cette période de l’histoire. Le court métrage s’attarde plutôt sur le sort de trois amis, vivant en marge d’un village, dans une grotte en bords de mer, et s’adonnant à la pêche pour se nourrir.

Un jour, des « réfugiés algériens », dans leur propre pays en venant d’une autre région, arrivent à bord de quelques barques de fortune, fuyant l’atrocité de la vie sous le joug du colonialisme à laquelle ils faisaient face d’où ils venaient. Les trois amis leur viennent en aide.

Entre temps, l’un d’eux, en l’occurrence Ali, interprété par Amine Allali, un jeune comédien prometteur de 18 ans appartenant à la troupe de théâtre El Moudja de Mostaganem (Ouest de l’Algérie), apprend des nouvelles de sa sœur disparue. Cette dernière est devenue servante, ou « boniche » comme elle se définit elle-même, chez un couple de colons. Ali entreprend de la faire sortir de là. Il élabore un plan. Le jour J, le gardien du domicile des colons, Nicolas, formidablement interprété par Idir Benaibouche, s’en aperçoit. Il alerte le propriétaire de la maison. Celui-ci met en place une milice avec ses voisins et ils décident d’éliminer tous les « autochtones » vivant dans la grotte en bord de mer.

Une autre approche cinématographique pour raconter la colonisation

Si la durée, de 33 minutes, donne l’air d’être courte pour une histoire contenant cette multitude d’événements, Walid Bouchebah a réussi à mettre en place un dispositif narratif, d’après un scénario de Malek Boumaïza, qui a bien fonctionné. « J’ai choisi une autre approche pour raconter le colonialisme », a déclaré le réalisateur, après la projection de son film en avant-première. Il faisait allusion au choix de l’histoire, qui se passait en marge de la guerre de libération.

« Il y avait juste des jeunes qui avaient des rêves simples », a-t-il souligné. En effet, n’étant pas directement impliqués dans la révolution, les trois potes ont mené leur combat à leur manière, premièrement, en venant instinctivement au secours des « réfugiés » et, deuxièmement, en tenant tête aux colons, venus les « exterminer ».

Le film montre, par ailleurs, les conditions dans lesquelles vivaient les Algériens au quotidien durant cette période et la cruauté du colonialisme qui, dès qu’il se sent menacé, redouble de férocité.  

À noter, enfin, que « Le grand défi » a été produit par le Centre algérien de développement du Cinéma (CADC) relevant du ministère de la Culture et des Arts, dans le cadre des célébrations du soixantenaire de l’indépendance de l’Algérie.

En ce qui concerne le réalisateur, Walid Bouchebah, il a déjà réalisé plusieurs produits pour la télévision. C’est notamment le cas du feuilleton à grand succès populaire « El Batha », avec le génialissime comédien Nabil Asli dans le rôle principal de El Laz, qui a été diffusé durant le mois de Ramadan dernier.

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