Air Algérie : Un nouveau déploiement africain… et mondial 

Air Algérie
Air Algérie se re-déploie sur le continent africain… et ailleurs dans le monde. Le 20 août dernier, la compagnie aérienne nationale algérienne a lancé son vol inaugural depuis l’aéroport d’Alger Houari Boumédiène vers la ville sud-africaine de Johannesburg.

Air Algérie se re-déploie sur le continent africain… et ailleurs dans le monde. Le 20 août dernier, la compagnie aérienne nationale algérienne a lancé son vol inaugural depuis l’aéroport d’Alger Houari Boumédiène vers la ville sud-africaine de Johannesburg. 

Deux ministres ont assisté à la cérémonie de lancement. Celui des Transports, Youcef Cherfa, mais aussi le ministre des Finances, Laaziz Faid. Ce dernier devait, d’ailleurs, faire partie des passagers de ce premier vol direct vers l’Afrique du Sud étant le « représentant personnel » du président Abdelmadjid Tebboune au sommet des BRICS, qui se tient dans la capitale économique du pays entre le 22 et le 24 août.

Air Algérie veut conquérir le ciel de l’Afrique

Cette desserte inédite « confirme la nouvelle approche de l’Algérie visant à intensifier le partenariat avec les pays du continent africain », a déclaré le ministre des Transports. Le but est de faire de l’aéroport d’Alger « un hub international », a-t-il ajouté. Ceci, au-delà de l’« intensification » du partenariat algéro-sud-africain auquel cette ligne aérienne va sûrement « contribuer »

Après avoir « tourné le dos » aux destinations africaines pendant de longues années, ne proposant que des vols vers les capitales des pays nord-africains, Air Algérie a entamé ces toutes dernières années, sur décision politique, son redéploiement sur le continent. Pour se rendre en Côte d’ivoire, Rwanda, Afrique du Sud ou ailleurs, les voyageurs algériens devaient passer par Egyptair, Royal Air Maroc ou même Air France. 

Avant ce vol « Alger – Johannesburg », Air Algérie avait lancé depuis l’année passée plusieurs nouvelles lignes, à savoir Dakar (Sénégal), avec cinq vols par semaine, Abidjan (Côte d’Ivoire) et Nouakchott (Mauritanie), avec 3 vols par semaine, et Niamey (Niger), Ouagadougou (Burkina Faso) et Bamako (Mali), avec 2 vols par semaines. Par ailleurs, de nouvelles dessertes seront lancées prochainement. Il s’agit, selon le PDG d’Air Algérie, Yacine Benslimane, de Douala (Cameroun), Addis-Abeba (Éthiopie) et Abuja (Nigeria). « La ligne vers Johannesburg est la septième de la compagnie nationale nouvellement lancée vers un pays africain », a déclaré le premier responsable de la compagnie aérienne, qui est à sa tête depuis le 18 juin 2022.

Ambitions d’ouverture vers l’Europe de l’est et l’Amérique latine

Pour ce qui est des autres continents, et en dehors de la région ouest-européenne, Air Algérie a lancé, le 27 juillet dernier, une nouvelle desserte vers Saint-Pétersbourg (Russie), avec trois vols par semaine. Une ligne qui s’ajoute à celle déjà existante vers Moscou. 

Lors de la cérémonie organisée à l’occasion du lancement de la ligne Alger – Johannesburg, le ministre des Transports a révélé qu’une ligne va être lancée incessamment vers Caracas, au Venezuela. « Les choses avancent bien », a-t-il affirmé. Ainsi, l’aéroport d’Alger sera lié au continent latino-américain. Air Algérie compte, par la suite, mettre en place des dessertes vers d’autres pays de la même région. 

Si en matière d’infrastructure, l’aéroport d’Alger a bénéficié d’investissements importants pour le rendre plus apte à accueillir plus de passagers mais aussi à répondre aux exigences d’un « hub international », comme c’est le cas avec l’inauguration au mois de juillet d’un « passage de transit », la compagnie historique est aussi soutenue par l’Etat pour ce qui est de l’affrètement ou de l’achat de nouveaux avions afin de pouvoir « proposer » plus de vols des lignes existantes et de nouvelles destinations. Le ministre des Finances, Laaziz Faïd, a tenu à affirmer que l’exécutif ne lésinerait pas sur les moyens « pour qu’Air Algérie réalise ses objectifs ».  

Critiquée pendant longtemps pour la qualité de ses services, Air Algérie tente de redorer son blason, notamment en multipliant les vols vers ses destinations de prédilections, comme la France par exemple, et en lançant de nouvelles dessertes vers d’autres pays, surtout africains. En plus des moyens mis par l’Etat à cet effet, la nouvelle direction de l’entreprise publique semble gérer au mieux ces défis, sur le plan de la communication du moins.

Au-delà des objectifs directs de la compagnie aérienne, de tirer avantage des pleines capacités d’un segment pendant longtemps délaissé, il est question de développer le partenariat et les échanges économiques avec les pays du continent. De par sa position géographique, l’Algérie, via sa compagnie aérienne, mais aussi son aéroport international d’Alger, pourrait, si les conditions sont réunies et si l’ambitieux programme est mis en œuvre, devenir une véritable plaque tournante pour les destinations africaines. Pour peu, bien entendu, qu’Air Algérie, l’acteur principal de cette équation, puisse remédier à ses lacunes de gestion soulevées régulièrement par de nombreux observateurs.

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