Le stade Hocine Aït Ahmed sera inauguré par Abdelmadjid Tebboune

Abdelmadjid Tebboune inaugure le stade Hocine Ait Ahmed de Tizi-Ouzou
Le nouveau complexe sportif de Tizi-Ouzou, baptisé Hocine Aït Ahmed, sera inauguré par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Même si cette information n’est ni confirmée, ni infirmée officiellement par les autorités locales concernées, en l’occurrence la direction de la Jeunesse et des sports de la wilaya (département) de Tizi Ouzou et les services de la wilaya, d’autres sources proches du dossier nous ont indiqué qu’« il s’agit en fait d’une volonté du président Tebboune en personne ».

Ladite inauguration interviendra à l’occasion d’une visite de travail et d’inspection du chef de l’Etat dans la wilaya de Tizi-Ouzou, qui devrait avoir lieu le 20 août prochain. Cette date correspond au jour d’anniversaire du regretté Hocine Aït Ahmed, né le 20 août 1926, et elle coïncide aussi avec la double commémoration nationale annuelle de l’Offensive du Nord-Constantinois (20 août 1955) et du Congrès de la Soummam (20 août 1956).

Beau cadeau d’anniversaire pour la JSK

Le fronton de la magnifique enceinte arbore déjà, secret de Polichinelle, le nom du chef historique Hocine Aït Ahmed, décédé le 23 décembre 2015, en signe d’hommage et de reconnaissance pour le long combat de ce grand révolutionnaire lors de la Guerre d’Algérie (1954-1962) et l’un des leaders les plus charismatiques de l’opposition démocratique algérienne après l’indépendance à la tête du FFS (1963-2013). Ce sont les hauts responsables de l’Etat algérien qui ont fait ce choix, parmi une liste soumise par les autorités locales comprenant deux autres noms : Lounès Matoub, le chantre de la liberté et de la démocratie, assassiné le 25 juin 1998 ; Mohand Cherif Hannachi, président historique de la JSK, mort le 13 novembre 2020.      

Cet équipement public de haut standing, implanté sur une surface de 58 hectares, constitue un vrai joyau architectural mis au service de la jeunesse kabyle en particulier et algérienne en général. Une fois livré, il servira de lieu de compétitions nationales et internationales dans diverses disciplines sportives, particulièrement le football. En plus d’éventuels matchs occasionnels de l’équipe d’Algérie, la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), qui a fêté son 77e anniversaire, ce 2 août, après avoir assuré son maintien en Ligue 1 du championnat national algérien Mobilis, élira domicile dans le stade de 50 000 places à partir de la saison prochaine.

La livraison du beau complexe interviendra, en effet, avant la rentrée sportive au grand bonheur de la famille de la JSK. Les joueurs tout comme les supporters du club auront, bel et bien, cette chance de voir enfin ce stade, qui naguère était utopique. Certains l’ont même déjà fait à l’occasion d’un match test, le 18 juin dernier, qui a mis aux prises l’équipe U21 de la JSK et son homologue de l’US Biskra. Pour l’histoire, les Canaris ont réussi à s’imposer devant leurs adversaires, dans une rencontre palpitante, avec un score de trois buts à un.

Genèse du stade Hocine Aït Ahmed  

Avant que ce projet devienne une réalité, sa réalisation étalée sur plusieurs années a fait couler beaucoup d’encre. La première étape remonte à 2006, lorsqu’un budget initial de 600 milliards de centimes a été alloué par l’Etat pour la construction d’un complexe olympique dans la wilaya de Tizi-Ouzou, fief de la JSK, club le plus titré d’Algérie et celui qui a donné au pays le plus de sacres africains (7 toutes compétitions confondues). Cependant, un concours de circonstances n’a cessé de retarder les travaux.

Rien que pour l’attribution du marché, le projet a traîné quatre ans et vu les soumissions de plusieurs groupements rejetées. De son côté, la levée des contraintes liées à l’assiette foncière a été un véritable casse-tête pour les responsables concernés, qui ont dû remuer ciel et terre pour arrondir les angles et aplanir les différends. Finalement, les travaux ont été lancés en 2010 pour la réalisation d’un stade de 50 000 places, un terrain de réplique en gazon naturel, un stade d’athlétisme de 6 500 places, un parking d’une capacité de 3 800 véhicules et un hôtel de 144 chambres.

Toutefois, en 13 ans de chantier, l’enveloppe budgétaire a été maintes fois réévaluée de manière à atteindre environ 5 000 milliards de centimes. Le stade a subi de fréquents arrêts de travaux surtout après le départ définitif de l’entreprise espagnole Fomento de Construcciones y Contratas (FCC), qui était chargée d’édifier ce complexe avec le groupe algérien ETRHB Haddad. Puis, la société MAPA Insaat ve ticaret a pris le relais de FCC, en 2014. Les Turcs avaient promis de terminer le projet en 12 mois, avec le renforcement des effectifs par 400 ouvriers, mais ils ne sont pas parvenus à respecter les délais avancés. Il était d’ailleurs impossible de livrer l’infrastructure d’une telle envergure en année, en sachant que le taux d’avancement du terrain de football était seulement de 35 %, celui d’athlétisme de 20% et celui des VRD (voiries et réseaux divers) de 6 %.

Mission accomplie pour Mohamed Tarek Belaribi

En mai 2019, le chantier a été de nouveau mis à l’arrêt, durant plusieurs mois, et le projet a été bloqué jusqu’à 2021. Il a été alors confié, par la procédure du gré à gré, au groupe public du BTP Cosider, qui a repris le chantier après la résiliation du contrat avec deux sociétés, à savoir l’ETRHB et MAPA Insaat.

Dès lors, les pouvoirs publics avaient élaboré un nouveau cahier des charges et la gestion du projet a été transférée au ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville. Les travaux ont repris avec une cadence imposée par le ministre de tutelle, Mohamed Tarek Belaribi, qui effectuait de manière régulière des visites inopinées sur le chantier. Il n’hésitait pas à procéder à des sanctions en cas de défaillances des équipes en place. Il a même limogé le directeur des équipements publics suite à une visite nocturne du chantier, à quelques semaines seulement de l’installation de l’entreprise qui devait finaliser les travaux de VRD, après avoir constaté le faible taux d’avancement dans le projet ne respectant pas ainsi les nouveaux délais de réalisation fixés.

Cette assiduité du ministre à suivre personnellement l’évolution des travaux a porté ses fruits Des efforts colossaux ont été consentis pour achever les travaux. M. Belaribi avait instruit ses collaborateurs au niveau local de procéder à l’organisation des travaux sur le site en trois shifts. Et pour assurer un contrôle permanent du chantier, il a affecté deux hauts cadres de son département pour assurer la fonction de chefs de projet afin, avait-t-il exigé, de veiller au respect de la qualité des matériaux et des délais.

Dix-sept ans après son inscription et treize ans après le début de la réalisation du projet, le complexe sportif de Tizi Ouzou voit enfin le jour en portant le nom de Hocine Aït Ahmed.

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